21 février 2015 : contre les violences d’État, Nantes en Résistances

Dès midi, le centre ville de Nantes est constellé de bleu. La préfecture a choisi une nouvelle fois de faire monter la pression en déployant plusieurs centaines de policiers, des canons à eau et un hélicoptère face au défilé contre les violences d’État.

Durant plusieurs soirées d’échanges, plusieurs centaines de personnes ont pu se retrouver pour réfléchir et s’organiser dans différents lieux de la ville. Au terme de la semaine, il s’agit de reconquérir ces rues si souvent volées par la police. Le lieu de rendez-vous est précisément celui ou s’était achevé la grande manifestation de février dernier, à l’endroit même ou la police avait mutilé et blessé de nombreuses personnes.

Petit à petit, par grappes, une petite foule se forme dans le square Daviais, alors que des cohortes de la BAC contrôlent déjà tout ce qui peut ressembler à un manifestant dans les rues adjacentes. Deux heures plus tard, la manifestation s’élance après une prise de parole de l’assemblée des blessés qui ouvre le cortège. Cette assemblée, constituée à Montreuil en novembre dernier regroupe des collectifs de blessés par les armes de la police de toute la France.

Dans la foule, certain-e-s se masquent et se casquent, d’autres pas. Une battucada rythme l’arrière du cortège alors que résonnent des slogans à l’avant. Un char de carnaval, caricature de flic, suit de près la banderole de tête.

« Que fait la police ? Ca crève les yeux ! »

« Contre les violences policières/résistances/résistances »

« Rémi, Zyed, Bouna, on n’oublie pas, on ne pardonne pas ! »

Très vite, devant le commissariat du cours Olivier de Clisson – neutralisé depuis la manifestation du 22 février dernier – la tension monte. Une massive rangée de casqués gaze la foule en réponse à quelques jets de peinture. Plus loin, les cibles et les outils de la répression sont affichés sur les murs, en même temps que quelques taggs. De 1000 à 2000 au départ, les rangs gonfleront progressivement pour atteindre 4 à 5000 manifestants au plus fort de l’après midi.

Le dispositif policier est conséquent mais ne bloque pas le Cours des 50 Otages, qui avait été barricadé par la préfecture l’an passé. Les manifestants empruntent donc le trajet dont ils avaient été privé par le passé, dans le crépitement des fumigènes. A chaque croisement, les rues vomissent des rangées de boucliers, de canons à eau, de policiers prêt à faire feu à coups de flashball. La colère monte par intermittence. Les flics sont hués, essuient quelques projectiles parfois. La pression monte par deux fois, Place du Bouffay et Place de la Bourse. Ici, une violente charge de la BAC Lanceurs de Balles braqués sur la foule fait monter la tension. Des dizaines de manifestants chargent à leur tour les agresseurs qui refluent à toute vitesse, après avoir arrêté deux personnes et blessé un manifestant à hauteur de tête. Mais le défilé continue.

La Place de la Petite Hollande, véritable champ de tir l’an passé est contournée. Le cortège choisi de retourner vers le centre ville. Cette fois ci, la préfecture a décidé de redéployer ses centaines de flics pour empêcher les manifestant de réinvestir l’hyper centre. Un point de tension se concentre au niveau de l’Hôtel Dieu. Un face à face s’installe. Gaz, flashball et canons à eau contre quelques cailloux. Le char de carnaval est envoyé vers les boucliers, ce qui provoque un assaut. Un étau policier se forme alors que des bourrasques neigeuses s’abattent sur l’esplanade. Les quelques centaines de déterminés restants refluent au rythme des charges de la BAC et des CRS, en allumant quelques barricades sur leur passage. La chasse à l’homme continuera jusqu’en début de soirée au delà de la Loire.

Plusieurs manifestants seront blessés, et 10 interpelés. Des journalistes et des secouristes seront aussi pris pour cible et molestés par la police.

Malgré la saturation du champ médiatique par l’antiterrorisme, malgré les intenses menaces policières, malgré le sabotage méthodique de diverses organisations opposées à l’aéroport, cette semaine fut une réussite.

D’abord parce qu’elle nous a permis de reprendre confiance en nous, de nous retrouver, d’échanger, ensuite parce que nous avons repris les rues de la ville un an après la journée du 22 février 2014.

Cette semaine n’est pas une fin mais un début.

Diffusons nos révoltes.

Des images de Taranis News : https://www.youtube.com/watch?v=PhCirpVdbL8

[Repris d’Indymedia Nantes]

[Legal Team Toulouse] Bilan en fin de journée

Un dénombre une trentaine d’interpellations, mais on n’a connaissance que de 7 personnes Gardées à Vue.

Aux personnes proches de personnes arêttées : vous pouvez rappeler la legal team afin d’organiser ensemble un suivi détaillé et rassembler les éléments pouvant servir de garantie de représentation en vue des comparutions.
Si des personnes sortent du comico merci d’appeller la legal team également qu’on puissent savoir qui reste au poste, qui sort et qui va être déferré.
Possibilité de passage au Juge des Libertés et de la Détention dimanche en fin d’aprem, ce juge va décider si les personnes arrếtées dorment à la prison de Seysse ou pas.
Besoin de garanties de représentation pour éviter ça. Vous pouvez contacter la legal team, ou transmettre les garanties de représentations directement à l’avocat qui suit le dossier de la personne.
Les garanties de représentation, c’est ce qui va laisser penser au juge que tu vas te présenter à ton procès et qu’il n’y a pas besoin de te garder au chaud en prison en attendant, en gros que tu as des choses à perdre à ne pas te présenter (du boulot, des études, même une vie associative…) et que les flics savent où te trouver (un logement). Si tu as déjà du surcis sur les faits dont tu es inculpé et/ou que tu risque d’être condamné à de la prison ferme, tes garanties de représentation ne vont pas trop jouer.

Les justificatifs peuvent être sur :
Ta domiciliation
Si tu es locataire : Quittance de loyer, facture ou bail
Si tu es hébergé : Attestation d’hébergement, photocopie de la carte d’identité de l’hébergeant.e, photocopie de facture avec une adresse de moins de 3 mois

Ton identité
Passeport ou carte d’identité (photocopie ou originaux)

Ta “personnalité”
Carte d’étudiant ou certificat de scolarité
Promesse d’embauche
Contrat de travail
Fiche de Paye
Témoignage de personnalité (lettre de patron-e/prof qui fait ton éloge)

Avertissement : il n’est nullement nécessaire de faire circuler des informations compromettantes pour les personnes arrêtées. Le but de l’opération est de charger le moins possible pas d’incriminer…

Numéro de la Legal team : 06 77 53 50 40
Mail : lteam31[at]riseup.net

Pour aller plus loin :
“Rien à déclarer”, un manuel de débrouille face à la police et à la justice

[Repris de IAATA]

[Toulouse] Le 21 février, nous reprenons la rue

Le 21 février, nous reprenons la rue

[ZAD du Testet] Appel à grand chantier participatif dimanche 22 février dès 11 heures

Pic-nic sur la zone et CONSTRUCTIONS de nouveaux lieux de vie.

Dès maintenant, appel à apporter tout au long de la semaine à la Zad le matériel que vous pouvez offrir (et bien entendu Dimanche 22) Besoin de nombreux matériels, (liste ici), de vos savoirs-faire en construction d’habitats durables ou légers tels que cabanes, flex-yourtes. Charpentiers et autres artisans bienvenus, ainsi que vous tous-tes !

Appel général à toute votre bonne volonté, bonne humeur et enthousiasme pour réussir ensemble ce chantier de construction.

S’ils ont massacré la forêt, la zone humide est bien vivante, que la vie pousse dessus !

testet-22

[Toulouse] February 21st demonstration in support of the ZADs and against the world of concreters

On the 25th of October 2014, the death of a man by the police on the ZAD of Testet marked the beginning of two months of struggle in Toulouse, that continued with demonstrations, public actions and occupations. This movement echoes those of Notre-Dame-des-Landes, Testet, and elsewhere where an occupation was set up to confront detrimental State projects. The different ways of organising and communal life practiced on the ZADs have been put in practice in Toulouse, in spaces momentarily snatched away from the control of the Metropol.

By the Metropole, we are speaking about the authoritarian and destructive organisation of territory, put in place by the State and the multinationals that determine our lives. A real steamroller; reducing environments to their ability to be converted and economically managed, modeling spaces and practices for the market imperatives, and extending in all directions their infrastructural tentacles of steel and concrete. Here an airport, there a fast lane, a dam or a touristic park.

On the ZAD’s like in Toulouse, the issue is the same. It is to regain our political autonomy, our ability to get organised and help each other. But it is also to take back our existence, to collectively defend and keep alive our territories. To re-appropriate what the Metropole seizes from us. To open gaps in this morbid world that generates us developers, to reinsert joy, creativity, diversity and happiness.

One year ago, tens of thousands people converged on Nantes, to express their refusal of the airport and its world, the one that requires the subordination of a piece of farmland in the outskirts of Nantes. This was also to support the ZAD, the origin of another world respecting humanity and life. Facing this popular movement, the State gets tense, represses, mutilates and kills.

The “republican union” was suddenly proclaimed everywhere, accompanied by the militarisation of public space and preparing the ground for new security laws, providing new means of state repression. In regards to these derived changes, we are determined to defend the ZADs to continue developing experiences and communal practices.

There isn’t a month that passes without a minister promising the end of a ZAD. It is clear that we oppose the vanity of the reactions of the ruling class with the power of our actions and our convictions. The ZADs are spreading. We must support them.

The 21st of February in Toulouse, 60km from the ZAD of Testet, let’s gather in numbers again. We will show our creative force during a demonstration, in all our diversity. Each in our way, we will create a new breach in the formatted world of the Metropole. We will reclaim our spaces. This massive and ephemeral gathering belongs to us. It will be the counterpart of the gradual emergence of new waves worn by the ZADs.

Everyone in Toulouse on Saturday February 21st 2015!

ZAD 31 Collective

[Toulouse] Manifestation contre les violences policieres

Depuis le mort de Rémi F., des manifestations ont eu lieu partout en France et ailleurs. La plupart d’entre elles ont subi une répression de grande ampleur. On dénombre pas moins de 150 interpellations, des dizaines de blessés et quelques camarades dorment en prison à ce jour.

Déjà en 2005, après la mort de Zyed et Bouna, les « banlieues » se sont soulevées contre l’Etat policier et la fracture sociale qu’il maintient. Aidés par une couverture médiatique mensongère et réductrice, les médias emboitent le pas. Et l’État isole la révolte pour mieux l’étouffer. Au bilan: 600 personnes en prison (dont une centaine de mineur) et un non lieux pour les deux assassins.

Pour Rémi, des lycéens ont bloqué leur bahut, des gens se sont mobilisés contre les violences policières, les GPI, l’austérité, etc. La contestation populaire a pris de l’ampleur et a subi de plein fouet la répression. Ne nous faisons pas avoir par le jeu de la division violent-non violent. Il est essentiel de rappeler que c’est l’État qui se place en agresseur de par la violence sociale qu’il impose et la répression systématique qu’il met en place. Et n’oublions pas que souvent des lacrymogènes pleuvent avant les pavés.

Chaque fois que nous remettons en cause l’État nous nous heurtons à son bras armé qui tuent impunément. Ce système est à bout et ceux qui le défendent tue impunément.

Ils veulent nous diviser? Face à eux restons solidaires. Organisons nous!

La peur doit changer de camp !

MANIFESTATION 21 FEVRIER 14H CAPITOLE

manif-21-noir-et-blanc

(Repris du site de l’Union Antifasciste Toulousaine.)

Présentation

Ce site a vocation à relayer les appels, informations pratiques et matériels disponibles pour la manifestation de Toulouse du 21 février 2015 ainsi que pour la semaine de résistances à Nantes du 16 au 22 février 2015. Pour cette semaine nantaise contre les violences policières, sociales et économiques, il existe également un site dédié : 22fevrier2015.jimdo.com.

Toulouse — manifestation samedi 21 février à 14 heures au square Charles de Gaulle, métro Capitole

21 fevrier 2015

Appels

Hébergements et covoiturage

Legal Team

Dimanche 22 février 2015

Manif 21-02 Toulouse

 

Nantes — semaine de résistances du 16 au 22 février

nantes-en-resistances

Appel

Programme

planning-nantes

Hébergements et covoiturage

Affiche Nantes (vert)elephant

[Toulouse] Hébergements

Sachant que la situation tendue actuelle rend l’accueil et l’hébergement de gens de passage plus difficile sur la ZAD, pour la manif du 21/02 nous devrons pouvoir proposer des solutions toulousaines à d’éventuelles demandes d’hébergements. Nous avons décidé en AG de faciliter l’accueil individuel chez ceux et celles d’entre nous qui le peuvent.

Nous recencons les disponibilités de couchages des toulousain-e-s :

  • envoyer un courriel à 21fevrier2015[arobase]riseup.net un mail avec comme objet [Hébergements]
  • en précisant vos nom et téléphone, le nombre de personnes pouvant être hébergées chez vous pour quelle nuitée du 20/02 et/ou du 21/02

Chaque personne souhaitant faire une demande d’hébergement la transmet à 21fevrier2015[arobase]riseup.net

Nous espérons ainsi faciliter une participation massive à la manif du 21 février.

[Nantes] 14 février : assemblée & ateliers

AG de préparation de la semaine de résistance du 16 au 22 février 2015

suivie d’un atelier création de banderoles, pancartes, contenu et mise en page d’un journal mural, slogans, etc.

Cartons, draps, peintures, piquets, cutters, scotch, textes, visuels, idées et autres sont les bienvenues.

Face aux violences policières, sociales et économiques, soyons nombreuses à nous saisir de cette semaine. Organisons les résistances !
Ces ateliers seront précédés de l’AG hebdomadaire à 14h.

à B17, 17 rue Paul-Bellamy, Nantes (au fond de la deuxième cour au dessus de l’Atelier)

http://22fevrier2015.jimdo.com/

[Nantes] Covoiturage, hébergement

Pour rejoindre Nantes et trouver un hébergement, laissez un message en commentaire sur la page dédiée sur le site de la semaine de résistances nantaise ou envoyez un courriel.